DÉVELOPPEMENT

Entre dynamiques économiques, héritages de la logique des rentes, politiques publiques, stratégies des multinationales et des États étrangers, solidarité internationale et tentatives d’unions régionales, des itinéraires de “développement” se dessinent à nouveau en Afrique. A bien des égards, les promesses sont grandes pour les décennies à venir, mais les avancées restent lentes et inégales. Face aux modèles occidentaux ou asiatiques, le décollage économique africain va devoir relever bien des défis pour inventer sa propre voie et creuser ses propres sillons.

• Nos ANCÊTRES étaient tous NOIRS

Les premiers Chinois (les ANDAMANAIS)
étaient tous noirs de peau…

La science vient de rejoindre ce que nous dicte depuis longtemps le bon sens : en quittant l’Afrique voilà près de 70 000 ans, les premiers “hommes” ont peuplé l’Asie (et l’Europe) avec une peau noire qui a ensuite évolué. Voilà ce ue nous dit une récente publication. Mais allons plus loin : n’en déplaise à certains (de plus en plus nombreux en Occident), c’est en réalité le cas de TOUS nos lointains ancêtres. Le début du film de notre Histoire n’est pas blanc, il n’est même pas en noir et blanc, mais en NOIR tout simplement…. À méditer

• L’ÉVASION fiscale des Multinationales :
conséquences et enjeux pour l’Afrique

L’évasion fiscale des grandes multinationales coûte jusqu’à 60 milliards de dollars à l’Afrique. Une situation dénoncée par l’activiste Stella Agara, qui estime que l’UE n’en fait pas assez pour lutter contre le phénomène, slon un article de La Tribune qui s’interroge : si l’évasion fiscale était efficacement combattue, il n’y aurait pas besoin d’autant d’aide au développement ?. Réponse de Stella Agara : “En réalité, si notre système d’impôts fonctionnait correctement, l’Afrique n’aurait besoin d’aucune aide. Nous pouvons responsabiliser nos gouvernements en ce qui concerne la corruption, c’est déjà ce qui se passe. Après tout, c’est un problème qui existe partout. L’aide est en outre souvent conditionnelle. Les pays africains sont souvent tenus de dépenser cet argent d’une manière qui plaise au donateur. Les taxes sont le revenu le plus fiable d’un pays, et c’est le seul revenu qui permette aux citoyens de forcer leurs gouvernants à prendre leurs responsabilités. Pour mettre en place une réaction mondiale, il faut s’en prendre aux multinationales. Il y a-t-il un consensus panafricain sur cette question ? Non, mais une discussion a été lancée après la publication du rapport de l’UA dont je vous ai parlé. Il faut colmater les nombreuses failles des systèmes africains”.

• Le néocolonialisme économique
de l’Europe en TUNISIE

/ AFP PHOTO / Sofiene HAMDAOUI

Depuis la chute de Ben Ali, en 2011, la Tunisie a réussi sa transition politique mais peine à se sortir du marasme économique et social. Pourquoi ?
Dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique, le chercheur Haythem Guesmi dénonce des relations empreintes de “néocolonialisme” qui entravent le développement de la Tunisie post-révolution. Depuis 8 ans, “La Tunisie n’a pas trouvé en l’Europe la solidarité et le soutien nécessaires pour financer sa transition démocratique et les réformes structurelles urgentes. « L’exception tunisienne », tant célébrée par les alliés européens, n’a pas abouti à une collaboration étroite et substantielle entre la Tunisie et l’Union européenne (UE)“, souligne le chercheur. Dans le même temps, indique-t-il, “l’Europe continue de mettre la pression sur les gouvernements tunisiens successifs pour réformer le code des investissements et ainsi contourner les obstacles au dumping social, faciliter l’investissement étranger qui profite aux pays européens et en même temps imposer des barrières pour la libre circulation des professionnels et des citoyens tunisiens.

• COLONISATION, une histoire
encore encore et toujours tenace

La colonisation, en particulier sur le continent africain, a laissé des traces durables dont l’action et les effets persistent encore aujourd’hui. Psychanalyste à Paris et à Alger, Karima Lazali a mené une enquête singulière sur les effets de l’oppression coloniale en Algérie.Dans son ouvrage Le Trauma colonial (éd. de La Découverte, 2018), l’auteure mêle psychanalyse, histoire et littérature “pour expliquer comment, plus d’un demi-siècle après l’indépendance, les individus continuent à souffrir d’une histoire confisquée”, précise un entretien publié début 2019 par Le Monde Afrique. “Dans mon premier livre, “La Parole oubliée” (éd. Erès, 2015), j’ai travaillé sur la guerre civile [la décennie 1990] et comment une société avait basculé dans la barbarie, précise Karima Lazali. Mais je ne comprenais toujours pas comment s’était construite cette déflagration que j’observais chez les individus où l’immobilisme peut côtoyer un fabuleux dynamisme. Il faut pour cela remonter les fils du temps. Comprendre comment au gré des générations, une catastrophe, quelque chose de grave, a eu lieu, qui a impacté les subjectivités, le social, le pouvoir politique – lui aussi malade en Algérie. Et je suis arrivée aux effets de la colonisation”. Dans combien d’autres pays africains ce même travail pourrait-il être fait ?

• ROUTE-RAIL : un futur pont
entre Brazzaville et Kinshasa

Entre les deux capitales les plus rapprochées du monde – séparées par le fleuve Congo (large de 4 kilomètres) -, un futur pont devrait voir le jour. Les études de faisabilité de ce projet d’intégration ont été déjà bouclées. Les financements le seront à la fin 2019, selon le président de la BAD, le Dr Akinwumi Adesina qui a annoncé un calendrier précis du démarrage des travaux de construction. Selon RFI, « les travaux vont démarrer au mois d’août de l’année prochaine. Voilà, on est très précis. C’est quelque chose de très important. Je salue les efforts et le leadership des présidents Denis Sassou-Nguesso (du Congo-Brazzaville) et de Félix Tshisekedi (de la RD Congo). Nous avons conclu de faire le financement avec un montant total de 660 millions de dollars avec Africa50 [plate-forme d’investissement dans les infrastructures qui contribue à la croissance de l’Afrique, NDLR]. Et la BAD contribuera à hauteur de 210 millions de dollars pour la construction de ce pont route-rail », a déclaré M. Adesina lors d’une conférence de presse.

• MULTINATIONALES : leur rôle
dans les violences en Afrique

Quel rôle jouent les mutinationales dans les violences qui meurtrissent le continent noir ? Un collectif de chercheurs s’est penché sur cette question. Leur travail a donné lieu à une première synthèse scientifique– publiée par l’American Economic Association (AEA) -, puis un article paru dans de The Conversation sous la plume de l’un de ces scientifiques, Nicolas Berman, chercheur en économie, CNRS, Aix-Marseille School of Economics (AMSE), Aix-Marseille Université (AMU). “Les auteurs s’appuient sur une étude géolocalisée mettant en parallèle la présence des firmes et l’occurrence des conflits miniers. Ils ont quadrillé l’Afrique par zones de 55 sur 55 kilomètres pour analyser l’impact de l’augmentation du prix de 14 minerais. Leurs résultats suggèrent qu’une hausse des prix des matières premières augmente la violence uniquement dans les zones exploitées par des firmes étrangères”. Puis l’auteur explique : “L’influence des entreprises étrangères sur le sol africain est loin d’être négligeable quand on sait qu’elles représentent 60 % du total des firmes. Si elles ne sont pas tenues de rendre des comptes, elles deviennent des facteurs d’instabilité majeurs pour le continent. Mais toutes n’ont pas le même profil”.

• La DETTE : redoutable arme chinoise
en Afrique

“Prêts chinois : opium de l’Afrique”, tel est le titre d’un article publié fin 2018 par Contrepoints (repris de Libre Afrique) et consacré à la dette des pays africains à l’égard de la Chine. En une dizaine d’années, la tendance s’est accélérée : “La Chine est intelligente et possède une vraie poilitique en Afrique, souligne l’article. Elle a vite compris les besoins de développement du continent africain et utilise une stratégie efficace pour garder l’avenir économique de l’Afrique sous sa tutelle “. les prêts chinois sont ainsi en constante progression sur le continent et “les rapports montrent qu’un nombre substantiel de pays africains a contracté des prêts chinois depuis 2000, totalisant 124 Md$ en 2016. A cet égard, le cas de la République du Congo est bien analysée par Africanews : étranglé par son créancier chinois, le pays se retrouve à demander l’aide du… FMI.

• L’absence d’un vrai débat sur
le FRANC CFA

Le débat est, à juste titre, récurrent et houleux. D’autant que la presse, française et africaine, traite régulièrement de la question, avec plus ou moins de talent et de partialité. Revenons à l’essentiel avec ce dossier proposé fin 2017 par le Monde diplomatiqueet signé Anne-Cécile Robert.
Introduction, la journaliste rappelle : “Créé en 1945, le franc CFA signifiait alors « franc des colonies françaises d’Afrique ». Après les indépendances, il fut rebaptisé « franc de la communauté financière africaine ». En 2017, il existe en deux versions et circule dans deux zones économiques regroupant quatorze pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale”. Le franc CFA pose deux types de questions, économiques et politiques.
1 – Du point de vue économique, est-il un frein au développement du continent ? “Certains économistes, notamment ceux qui travaillent ou conseillent les institutions financières du continent, estiment qu’il constitue une garantie de stabilité et de crédibilité (…) Pour d’autres économistes, “cette construction monétaire vieille de soixante-dix ans, serait totalement inadaptée aux réalités du continent, en particulier depuis la création de l’euro. En effet, le franc français n’existe plus depuis 2002 et la France vit monétairement tournée vers Francfort, siège de la Banque centrale européenne. D’une part, la cohérence qui pouvait exister entre les deux monnaies a donc disparu ; d’autre part, le CFA est désormais lui-même, de facto, lié à l’euro. Comment une devise, déjà jugée surévaluée par rapport à certaines économies du Vieux Continent, pourrait-elle ne poser aucun problème à celles du sud du Sahara ?
2 – Du point de vue politique, le franc CFA pose la question de l’indépendance des pays africains. La monnaie est en effet un attribut de la souveraineté. “C’est un outil essentiel de la politique économique d’un pays. En pratique, l’obligation faite aux États concernés de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français prive des pays parmi les plus pauvres du monde de leurs précieuses ressources. En 1994, la dévaluation de 100 % du CFA, voulue par le gouvernement français d’Édouard Balladur avec la complicité des dirigeants africains de d’époque, a causé des désastres sociaux et de terribles souffrances aux populations du continent noir”.
Conclusion. Et la journaliste de commenter : “Il est temps qu’un vrai débat se développe sur l’avenir monétaire de l’Afrique francophone et que ce débat implique au premier chef les économistes et les populations du continent. Les propositions ne manquent pas pour réformer le franc CFA ou le remplacer par une monnaie africaine. En toute hypothèse, “seuls les Africains doivent pouvoir souverainement déterminer leurs choix politiques et économiques”.

• L’Afrique subsaharienne dans
la MONDIALISATION

L’approche de la géopolitique par les cartes est souvent le plus simple outil pour faire calir et pédagogique. A titre d’exemple, le site MindtheMap propose un article illustré sur “l’Afrique subsaharienne dans la mondialisation” signé Christophe Chabert. Riche en ressources, pourquoi l’Afrique peine-t-elle à profiter de ses richesses ? Pour l’auteur (texte, cartes et légendes), “le problème réside en partie dans la mise en place de logiques rentières ; les élites africaines s’enrichissent grâce à l’exportation de produits faiblement ou pas transformés sans chercher à mettre en place des stratégies éconopiques qui permettraient une meilleure redistribution”. Il n’est donc pas étonnant que “la région ne représente qu’environ 1?5 % de la production manufacturière mondiale, le secteur industriel étant quaiment inexistant“… sauf pour l’extraction et l’exportation des matières premières.

• INTERNET : fractures autour
du coût d’un Giga

Comparer le coût d’un giga de connexion sur Internet en Afrique est instructif. Le travail a été fait par HowMuch, un site d’infographies commentées dédié à “Combien ça coûte” dans le monde et “Mieux comprendre les prix”. S’agissant d’Internet, les écarts sont très forts d’un pays africain à l’autre. Un Giga coûte par ecxemple 7,19 dollars en Afrique du Sud, contre 9,22 dollars au Mali et… 1,66 dollars au Maroc.

• NIGÉRIA : hausse de 66% du salaire minimum

AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Après des mois de bras de fer avec les syndicats, le Nigéria, premier producteur de pétrole du continent africain, a adopté la loi sur le salaire mensuel minimum, qui passe de 18.000 nairas par mois (44 euros) à 30.000 nairas mensuel (72 euros). Comme le souligne le site Africanews, “même avec un salaire de 18.000 nairas (44 euros), les fonctionnaires d’Etat attendent parfois des mois ou des années avant de recevoir leurs salaires. Toutefois, “l’immense majorité des Nigérians peinent à joindre les deux bouts, depuis la récession de 2016-2017 et une inflation importante de 11,5 % (un sac de riz de 25 kilos coûte près de 10.000 nairas, un tiers du nouveau salaire minimum). Plus de 87 millions de Nigérians (sur 180 millions) vivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 1,9 dollars par jour”. Le pays est pourtant le premier producteur de pétrole du continent, avec deux millions de barils par jour, et la première économie africaine, mais “il souffre d’une corruption endémique au sein de son administration”.

• AUTOMOBILES : le marché africain
séduit les marques

On le savait : la plupart des grandes villes africaines voient bondir le nombre de véhicules individuels. La tendance se renforce, le continent attirant de plus en plus de constructeurs internationaux sur ses terres. “Il est très facile pour nous de produire des voitures dans l’une de nos usines mondiales, de les importer sur les différents marchés africains, mais si nous voulons vraiment créer une industrie durable, je pense qu’il est important que nous commencions à regarder et à faire les premiers pas vers ce genre d’industrialisation”, argue Mike Whitfield, cadre exécutif de Nissan Africa, dans un article d’AfricaNews.” Malgré le (toujours) faible pouvoir d’achat du marché africain, les constructeurs étrangers disent “compter sur la bonne volonté des gouvernements, précise le site. Ils rappellent que lorsque General Motors et Volkswagen entraient dans le marché chinois dans les années 1980, 1990, le taux de propriété de véhicule étaient inférieurs à ceux de nombreux marchés africains. Aujourd’hui, ces deux entreprises vendent à elles seules plus de 3,5 millions de véhicules par an en Chine”.

• CEN-SAD : relance de l’intégration régionale sahélienne

La dernière réunion avait eu lieu en 2013. Six ans plus tard, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) se sont réunis en sommet extraordinaire le 13 avril à N’Djamena afin de redynamiser l’organisation d’intégration. Selon La Tribune Afrique, “en léthargie depuis la chute de Kadhafi, la CEN-SAD a par le passé servi à résoudre certains conflits et à promouvoir les investissements. Des défis sécuritaires et économiques plus que jamais ambiants dans le vaste espace que couvre l’organisation dont le siège vient d’être transféré de Tripoli à N’Djamena”. Toutefois, la relance est encore ténue : sur la vingtaine de pays membres de la CEN-SAD, près de 25 pays ont envoyé des délégations de haut niveau, mais seuls trois chefs d’Etat ont fait le déplacement. La CEN-SAD avait initialement été créée en 1998, à la suite de la Conférence des leaders et chefs d’Etats qui s’était almors tenue à Tripoli (Libye). “Elle a été reconnue comme l’une des communautés économiques régionales au cours de la 36e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA) de juillet 2000 à Lomé au Togo”.

• Distribution ALIMENTAIRE :
l’AFD analyse trois pays d’Afrique

Dans un document de recherche intitulé “Les systèmes de distribution alimentaire dans les pays d’Afrique méditerranéenne et subsaharienne” publié par l’Agence française de Développement (AFD), ses experts tirent des actions menes au Maroc, Niger et Côte d’Ivoire. “L’objectif est d’identifier des domaines prioritaires pour améliorer la capacité des systèmes de distribution alimentaire à répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et sanitaire pour les populations urbaines de Rabat, Abidjan et Niamey. Nous nous appuyons sur une analyse des « food systems » combinant les comportements alimentaires, l’environnement alimentaire et les systèmes d’approvisionnement, caractérisés par leur organisation spatiale et relationnelle. Un échantillon de consommateurs et acteurs de différentes filières alimentaires et autorités publiques ont été enquêtés. Les problèmes d’accessibilité aux aliments des populations précaires apparaissent plus préoccupants que les problèmes de compétitivité des produits locaux”.

• Croissance et autoritarisme au RWANDA

l’économie du Rwanda ont, pour certains, fait de ce pays un modèle de développement en afrique. Dans un article de deux universitaires anglosaxons publié dans The Conversation, les auteurs précisent que “nos recherches mettent en évidence le double statut du pays, qui est à la fois un modèle de développement et un paria accusé d’autoritarisme au sein de la communauté internationale. Nous montrons ainsi que les marchés constituent des espaces à travers lesquels l’État rwandais accroît son emprise”. Autrement dit, tout en rappelant les indéniables réussites de l’économie du pays, les deux chercheurs notent que “le développement économique a été à la fois la conséquence – et un ingrédient – d’une consolidation du pouvoir de l’État”. Selon eux, “le développement des marchés a contribué à accroître le pouvoir d’une élite politico-militaire aux commandes de l’économie rwandaise. Les investissements et les politiques industrielles mises en place par le gouvernement ont engendré une croissance solide et, ce faisant, donné davantage d’influence aux membres du sérail”.

• MATIÈRES PREMIÈRES en Afrique :
que reste-t-il du Boom ?

La Deutsche Welle (DW) académie propose sur son site un dossier assez complet sur les ressources et matières première en Afrique, avec cartes, textes et infographies. Et surtout une question centrale : “A qui profitent les ressources naturelles africaines ?”. On y retrouve plusieurs exemples édifiants comme le pétrole au Nigéria, la bauxite en Guinée, le charbon au Mozambique ou encore l’or de Tanzanie. Les reporters de la DW envoyés sur place précisent ainsi que “pour de nombreux pays d’Afrique, les exportations de matières premières représentent une source essentielle de revenus. Certains, comme l’État pétrolier d’Angola, réussissent ainsi à dépasser une croissance de 20% par an”. D’autres ont commencé récemment à exploiter leurs sous-sols. “Le Mozambique, par exemple, est en passe de devenir l’un des plus gros exportateurs mondiaux de charbon et de gaz. L’Afrique est en plein boom, à un moment où l’économie mondiale se débat avec la rarification des ressources

• Paiement MOBILE : vers des fusions
entre opérateurs

En 2018, deux des plus gros opérateurs du continent, Orange et MTN, ont décidé de s’unir pour créer MOWALI (pour Mobile Money Interoperability). La filiale des deux géants sera installée à Abidjan. Selon Jeune Afrique qui consacre un dossier à la mutation numérique en Afrioque, es tests techniques sont en cours, et l’ouverture effective est prévue pour 2019. Une coentreprise créée alors que l’Afrique est en tête de course concernant l’usage des paiements digitaux via smartphone, “puisqu’elle concentre les trois quarts des usagers de ce type de transactions. Ce qui représente aujourd’hui, selon la direction d’Orange, quleques 338 millions de clients”. À côté des 150 opérateurs de mobile money,l’Afrique compte 650 banques, rappelle Patrick Roussel, directeur des services financiers mobiles chez Orange.chez Orange. Et, sauf à Madagascar et en Tanzanie, il n’y a pas d’interopérabilité entre les acteurs. Mowali offrira un service bank to wallet, il sera possible de transférer de l’argent vers et depuis ses comptes. »

• Le SÉNÉGAL va-t-il vers l’émergence ?

La stratégie de développement affiché depuis 2014 par les autorités du Sénégal vise à en faire un pays émergent à l’horizon 2035. Dans un article publié en février 2019 dans la revue Alternatives économiques, David Chetboun revient sur cet objectif stratégique. Il s’articule autour de trois axes principaux : “croissance élevée et soutenable, portée par une transformation structurelle de l’économie ; développement humain et protection sociale ; amélioration de la gouvernance, paix et sécurité”. Dans ce contexte, “l’Etat sénégalais a initié de nombreux projets d’infrastructures publiques (aéroport Blaise-Diagne de Dakar, autoroute entre les villes de Thiès et Touba) qui ont permis de soutenir la croissance. Ils ont également contribué à la dynamique haussière de la dette publique. A fin 2017, cette dernière atteignait 61 % du produit intérieur brut (PIB), réduisant considérablement les marges de manoeuvre en matière d’investissement public”. Dès lors, “le succès du PSE est en partie conditionné à la mobilisation de nouveaux financements privés venant compléter l’accroissement de l’investissement public”.

• Aide ALIMENTAIRE :
les besoins sont en hausse

Le dernier bilan de la FAO (Fonds des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) est implacable : en 2019, plus de la moitié des États africains (31 sur 54) ont besoin d’une aide alimentaire extérieure. “Si les aléas climatiques prennent leur part dans cette évolution, la multiplication de conflits internes et de longue durée apparaît comme la cause première de la multiplication des crises alimentaires”, note Le Monde Afrique. Alors que la carte des régions vulnérables établie par la FAO délimitait en 2008 une zone concentrée sur la Corne de l’Afrique et l’Afrique centrale, elle s’est depuis étendue sur tout le Sahel, la Libye et une partie de l’Afrique australe autour du Zimbabwe. Depuis 2009, la production des pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) que surveille la FAO, a peu ou pas augmenté alors que, dans le même temps, leur population continuait de croître. Dans ces prévisions pour 2019, la FAO estime que 1 million de tonnes de céréales devrait être fourni à l’Afrique sous forme d’aide alimentaire pour combler l’écart entre la production et les capacités d’importation.

• Les DÉFIS du développement en Afrique

Le travail pédagogique en lycée donne parfois des résultats très pertinents. Comme ce Blog d’Histoire géographie du lycée Louis Armand d’Eaubonne en région parisienne et baptisé L’Afrique : les défis du développement“.
On trouve une approche segmentée par grands thèmes avec de nombreuses photos et cartes. Au final, un beau travail de synthèse qui pourra documenter la réflexion sur les dynamiques des développements africains.

• Le nouveau PARTAGE de l’Afrique

Le voyage du président français Emmanuel Macron en Afrique de l’Est illustre bien la tentative de la France de rester parmi les actuers qui comptent sjur le continent. Dans une chronique du Monde Afrique, la journaliste Marie de Vergès revient sur les enjeux de cette visite sur un continent autrefois dominé par les Etats-Unis et l’Europe. “La Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique dès 2009, rappelle la journaliste. Depuis le début du millénaire, ses échanges avec ce continent ont été multipliés par près de vingt. Mais il n’y a pas que le géant asiatique. Les importations africaines depuis l’Indonésie, la Russie, la Turquie ont crû respectivement de 107 %, 142 % et 192 % entre 2006 et 2016, selon la Brookings Institution. Dans le même intervalle, celles en provenance des Etats-Unis n’augmentaient que de 7 %… Washington n’est d’ailleurs plus que le troisième partenaire commercial de l’Afrique, devancé par l’Inde. Quant à la France, elle s’est retrouvée reléguée, en une décennie, de la troisième à la septième place”. Et l’hebdomadaire The Economist ajoute qu’entre 2010 et 2016, plus de 320 ambassades étrangères ont ouvert sur le continent. La Turquie en a inauguré 26 à elle seule. Quant à l’Inde, elle prévoit 18 nouvelles missions diplomatiques. Autant dire que “cette ardeur pour l’Afrique a pris l’Occident au dépourvu”, conclut Marie de Vergès.

• PASSEPORTS africains : l’indice Henley 2019

Certains passeports ouvrent des portes, d’autres non. Dans son Indice 2019, le cabinet britannique Henley & partners classe les passeports du monde en fonction de leur “utilité”, c’est-à-dire leur capacité à ouvrir par avion une destination sans visa. Sur le continent africain, trois pays font nettement mieux que les autres : Seychelles, Maurice et l’Afrique du Sud, en permettant d’atterrir sans visa dans plus de 100 aéroports du monde. Ils arrivent respectivement au 27e, 51e et 53e rang mondial. En queue de peloton, on trouve l’Erythrée (100e) et la Somalie (103e), avec moins de 40 destinantions sans visa, alors qu’à l’inverse les passeports du Japon, de la Corée du Sud ou de Singapour ouvrent la voie vers plus de 190 aéroports sans visa…

• L’accaparement des TERRES se poursuit

Depuis la crise financière de 2008, la terre agricole s’impose à nouveau sur les marchés comme un placement lucratif. Si de nombreux investisseurs sont à la recherche d’une rentabilité intéressante, on observe aussi dans cette course à l’achat de terres arables de nouveaux acteurs et de nouveaux enjeux : après les businessmen de l’agroalimentaire sont arrivés les fonds d’investissement, les fonds souverains puis les États. C’est ce qui ressort de l’émission “Culture du Monde” diffusée le 21 février 2019 sur France culture et reprise par le site Farmlandgrab. La journaliste de France Culture, Marguerite Catton, précise : “Ainsi, apparaissent, ou plutôt réapparaissent, de véritables stratégies d’accumulation du capital foncier avec leurs cohortes de tensions et de rivalités. Alors comment l’approvisionnement agricole s’impose-t-il comme un enjeu de sécurité nationale et de souveraineté ? L’acquisition de fonciers agricoles relève-t-il de logique purement économiques ou de rapport de domination entre états ? Combien de temps encore pourra-t-on laisser courir cette marchandisation des terres ? Existe-t-il des tentatives de réguler ce commerce mondial pas tout à fait comme les autres ?

• MINERAIS stratégiques et… meurtriers

Dans la vaste compétition mondiale pour l’accès aux ressources naturelles, l’Afrique est au cœur d’une nouvelle foire d’empoigne pour l’accès aux minerais dits stratégiques. Dans un récent rapport édifiant intitulé “L’Afrique des minerais stratégiques : du détournement des richesses à la culture de la guerre”, des chercheurs du GRIP (Groupe de recherches sur l’information, la paix et la sécurité) analyse les enjeux de la convoitise des grandes puissances (Etats-Unis, Chine, France, etc.) sur les ressources minérales africaines. “L’Afrique détient des minerais essentiels pour faire « carburer » le complexe de l’armement dont 80 % du chrome (au Zimbabwe principalement) ; 30 % du titane ; 40 % de l’uranium et 50% du cobalt mondial via la RDC. “Aussi étonnant que cela puisse paraître, il a fallu attendre 2018 pour que la RDC se décide à classer le cobalt et le coltan en tant que « minerais stratégiques », alors que la région minière congolaise du Katanga abrite 50 à 60 % des réserves mondiales de cobalt”. Le Pentagone a identifié le cobalt et le cuivre comme étant des « minerais stratégiques » et, selon le National Mining Association, le cuivre est le minerai le plus utilisé par le Department of Defense (DOD) que ce soit pour la fabrication les frégates, les bâtiments des garde-côtes, les avions de l’armée de l’air et les moteurs en tout genre. Autant dire que comme l’écrivait Yves Lacoste, fondateur de la revue Hérodote : “La géologie, ça sert d’abord à faire la guerre »…

• Qui sont les CLASSES MOYENNES émergentes ?

Depuis le début des années 2000, l’expression “classes moyennes” est utilisée dès qu’un pays en développement voit “émerger” certains indicateurs de son économie. Dans un “Papier de recherche” (Janvier 2019 – N° 89) de l’Agence française de développement (AFD) intitulé “L’essor des classes moyennes dans les pays en développement et émergents”, des chercheurs proposent une approche comparative menée dans 4 pays : le Brésil, la Côte d’Ivoire, la Turquie et le Vietnam. A l’épreuve de cette comparaison, le terme (valise) de “classe moyenne” dans les pays émergents apparait dans toute sa complexité, tout comme la catégorie de “revenu intermédiaire” à laquelle il est associé. Surtout, l’étude fait remarquer que le concept de “middle class” est aussi le produit combiné de deux motivations : celle des cabinets de consultance (McKinsey Global institute, en tête) et des grandes banques privées (Godman Sachs, notamment) qui ont souhaité valoriser “la perspective de nouveaux marchés de consommation (Consumer class) et d’épargne”. D’un autre côté, les Banques régionales de développement ont promu la catégorie de “classe moyenne globale” afin de “synthétiser un ensemble de changements productifs et distributifs” propres à stimuler la croissance dans “les pays à revenus intermédiaires”. A méditer…

• Le rôle de l’INDUSTRIE en Afrique

La revue “Afrique contemporaine” a consacré le dossier de son dernier opus (N° 266 / 2018) aux “Trajectoires incertaines de l’industrialisation en Afrique“. Sujet central puisque c’est bien de leurs industrialisations massives que l’Europe, l’Amérique puis, plus tardivement, la Chine et l’Asie sont entrées dans le développement économique et sociétal. Dernier à avoir rejoint la mondialisation, le continent africain va-t-il suivre le même modèle de développement ? À la lumière du peu de place que représente en 2019 l’industrie africaine (moins de 2% du commerce mondial !), une autre question surgit : ” Peut-on court-circuiter l’étape de l’industrialisation pour passer directement à la tertiarisation des économies africaines ?”, s’interroge dans son éditorial Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Mais n’oublions pas que nous sommes face à un continent immense où les réalités économiques varient considérablement d’un pays à l’autre. D’où l’intérêt de ce numéro où les contributeurs explorent les réalités industrielles africaines du Maroc au Mozambique, en passant par l’Éthiopie, l’île Maurice ou encore l’Algérie.

• TUNISIE : une agriculture néocoloniale

Dans le dernier numéro de “Faim et Développement” (CCFD Terre solidaire) un entretien édifiant avec Habib Ayeb, géographe et créateur de l’Observatoire de la souveraineté alimentaire et de l’environnement (OSAE). “Sous la pression des autorités coloniales, les cultures locales ont été évincées, les régions ont été spécialisées dans des productions destinées à l’exportation, les céréales au nord, les oliviers dans le Sahel, le vin au cap Bon, et la Tunisie a été introduite dans le régime alimentaire mondial”, explique le géographe. Depuis l’indépendance, l’Etat tunisien a poursuivi la même politique. Résultats : en 2019, “un tiers des terres est entre les mains de moins de 3 % des propriétaires (avec souvent du capital étranger) et le pays doit importer 50 % de son alimentation“. La Tunisie n’a donc aucun contrôle sur son modèle agricole. Or c’est bien dans les régions rurales de ce pays qu’est partie la révolution de 2011…

• Les ONG doivent réinventer des modèles

Le dernier livre de Bruno George David “ONG, compassion à tous les rayons ?” (VA Press 2019) peut faire grincer quelques dents. Il a toutefois le mérite de pointer du doigt certaines dérives actuelles du monde des ONG. “La société civile s’interroge désormais sur leur capacité, au-delà des simples sollicitations pour des collectes de fonds, à porter leurs utopies et espérances, à les représenter, les soutenir”, note le président de Communications sans frontières. Puis, dans un entretien accordé au site FigaroVox, il précise : “En fondant exclusivement leur communication sur les mécanismes publicitaires et commerciaux, les ONG prennent le risque de distordre la réalité, de concourir à la désinformation. Et sur ce point, leur crédibilité est en jeu, elles qui ne parlent que de transparence. En tant qu’émanations de la société civile, il leur faut redonner toute leur place aux citoyens dans l’élaboration de leurs projets, sans oublier les générations passées et à venir, qui sont directement concernées par leurs décisions”. Un autre modèle est-il possible ? Au lieu de s’inspirer du marketing et de la publicité, les ONG auraient tout à gagner à élaborer de nouveaux modèles qui recréent du lien avec les citoyens, ici comme dans les pays où elles interviennent.

• Les ONG françaises à l’International

L’étude chiffrée réalisée fin 2018 par le site “Défis humanitaires” porte sur 11 des plus importantes ONG humanitaires d’urgence françaises. En s’attachant à leurs actions sur la scène internationale depuis 10 ans (2008-2018), l’étude souligne que ces organisations “sont une véritable force de secours au cœur des crises humanitaires”. Un bémol, toutefois : “Même si l’ensemble de leurs budgets réunis a fortement progressé entre 2006 et 2016, passant de 458,8 millions à 1 261,2 millions d’eurosforce est de constater que les besoins vitaux des populations en danger nécessitent de les soutenir pour renforcer leur aide humanitaire“, indique Alain Boinet. Car en dix ans, le nombre de conflits dans le monde est passé de 278 à 402 et celui des réfugiés et déplacés a progressé de 39,5 millions à 65,9 millions de personnes…

• 50 ans d’action HUMANITAIRE

1968-2018 : un demi siècle d’action humanitaire. Sous le titre “Ruptures et continuités”, le magazine “Alternatives humanitaires” consacre un dossier passionnant (comme toujours) à cette rétrospective dans son dernier numéro paru fin 2018. Réaffirmation de la souveraineté des États, recherche inadaptée de performance, gestion des peuples en errance, camps de migrants en France, quel futur pour l’humanitaire ? : tous ces thèmes sont décortiqués sur cinq décennies.

• La stratégie “Social média” des ONG

Pour ceux qui l’auraient manquée, intéressant de relire ce que l’agence Ruche&Pollen écrivait à propos de la stratégie “Social Media” des ONG. Approche et analyse transversales qui montrent comment les ONG (avec des exemples précis) ont utilisé les réseaux sociaux comme vecteurs de communication en suivant des logiques (capter les internautes, marquer les esprits, rebondir sur l’actualité, etc.) qui interrogent toujours aujourd’hui.

• Quel HUMANITAIRE pour la France ?

Quelle stratégie humanitaire pour la France d’ici à 2022 ? A lire (ou à relire), le rapport d’orientation stratégique sur cette question et les différents engagements pris en matière de politique étangère. Avec notamment l’annonce d’un triplement des dépenses dans ce domaine sur 4 ans…

• ONG, communication et intérêt général

Les ONG partagent-elles avec la communication du service public la même mission d’intérêt général ? Dès lors, pourquoi leurs pratiques de communication s’adaptent-elles à celles du secteur marchand ? Point de vue du directeur de Handicap International France. A méditer.