BLACK LIVES MATTERS

• BLM : Justice et Vérité

Le mouvement Black Lives Matter (“La vie des noirs compte”) est né aux États-Unis en 2013 à la suite de l’acquittement de George Zimmerman, le coordinateur blanc d’un groupe de surveillance de voisinage responsable du meurtre par balles de Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans désarmé. Le mouvement est alors lancé par trois femmes afro-américaines impliquées dans des associations communautaires : Patrisse Cullors, Opal Tometi, Alicia Garza. Cette dernière publie sur Facebook un message intitulé  « A Love Note to Black People » (“Un mot d’amour pour les noirs”) dans lequel elle écrit « Our Lives Matter, Black Lives Matter » ( “Nos vies comptent, la vie des noirs compte”). Patrisse Cullors lui répond : « #BlackLivesMatter ». Le mouvement BLM est né !
Depuis, la formule est devenue l’une des plus influentes
dans les actions et revendications de défense des droits civiques aux Etats-Unis.
Mais elle a aussi essaimé dans le monde. Elle a notamment connu un succès tout particulier après l’assassinat de l’afro-américain George Floyd par un policier blanc, le 25 mai 2020. En Europe, comme en Afrique et sur la plupart des continents, des manifestations et revendications antiracistes et anticolonialistes ont été organisées. Au-delà de l’hommage aux victimes, ces rassemblements expriment la colère de nombreux citoyens – noirs et blancs -, face aux comportements et propos racistes envers les communautés noires. Colère qui s’est élargie
à la volonté de faire publiquement toute la vérité sur le rôle joué par les pays européens lors de la traite négrière et la période coloniale. Le déboulonnage des statues de personnalités acteurs ou complices de ces faits traduit cette exigence de mémoire. 

• BLM – Léopold II, Colbert… déboulonnés !

Un débat est ouvert : les activistes Black Lives Matter réclament le déboulonnage des statues colonialistes et contestent l’hommage rendu par ces symboles. Nombreux s’insurgent de l’actuelle présence de statues de personnes comme Jean Baptiste Colbert.Ce ministre de Louis XIV fut à l’initiative du Code noir dans les colonies françaises. D’autant qu’en 2001, la France avait décidé de reconnaître l’esclavage en tant que “crime contre l’humanité”.
VIDEO AJ+ (4mn 53s) 

• BLM – Mémoire « conflictuelle »

Richmond (Virgine) ©  Zach Gibson – AFP

Suite à la mort de George Floyd, grâce au mouvement Black Lives Matter, le débat sur le racisme a vivement ressurgi. Pour les activistes BLM, la lutte contre le racisme doit aussi passer par des gestes symboliques. Aux États-Unis, en Angleterre, en Belgique, en France.. des statues et des monuments historiques rendant hommage aux anciens colons de ces pays, ont été abattues ou taguées. Ces monuments témoignent d’une mémoire toujours conflictuelle.