• FRANC CFA, l’absence d’un vrai débat

Le débat est, à juste titre, récurrent et houleux. D’autant que la presse, française et africaine, traite régulièrement de la question, avec plus ou moins de talent et de partialité. Revenons à l’essentiel avec ce dossier proposé fin 2017 par le Monde diplomatique et signé Anne-Cécile Robert.
• Introduction, la journaliste rappelle : “Créé en 1945, le franc CFA signifiait alors « franc des colonies françaises d’Afrique ». Après les indépendances, il fut rebaptisé « franc de la communauté financière africaine ». En 2017, il existe en deux versions et circule dans deux zones économiques regroupant quatorze pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale”. Le franc CFA pose deux types de questions, économiques et politiques.
• Du point de vue économique, est-il un frein au développement du continent ? “Certains économistes, notamment ceux qui travaillent ou conseillent les institutions financières du continent, estiment qu’il constitue une garantie de stabilité et de crédibilité (…) Pour d’autres économistes, “cette construction monétaire vieille de soixante-dix ans, serait totalement inadaptée aux réalités du continent, en particulier depuis la création de l’euro. En effet, le franc français n’existe plus depuis 2002 et la France vit monétairement tournée vers Francfort, siège de la Banque centrale européenne. D’une part, la cohérence qui pouvait exister entre les deux monnaies a donc disparu ; d’autre part, le CFA est désormais lui-même, de facto, lié à l’euro. Comment une devise, déjà jugée surévaluée par rapport à certaines économies du Vieux Continent, pourrait-elle ne poser aucun problème à celles du sud du Sahara ?
• Du point de vue politique, le franc CFA pose la question de l’indépendance des pays africains. La monnaie est en effet un attribut de la souveraineté. “C’est un outil essentiel de la politique économique d’un pays. En pratique, l’obligation faite aux États concernés de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français prive des pays parmi les plus pauvres du monde de leurs précieuses ressources. En 1994, la dévaluation de 100 % du CFA, voulue par le gouvernement français d’Édouard Balladur avec la complicité des dirigeants africains de d’époque, a causé des désastres sociaux et de terribles souffrances aux populations du continent noir”.
• Conclusion. Et la journaliste de commenter : “Il est temps qu’un vrai débat se développe sur l’avenir monétaire de l’Afrique francophone et que ce débat implique au premier chef les économistes et les populations du continent. Les propositions ne manquent pas pour réformer le franc CFA ou le remplacer par une monnaie africaine. En toute hypothèse, “seuls les Africains doivent pouvoir souverainement déterminer leurs choix politiques et économiques”.

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