• SÉNÉGAL : une démocratie en trompe l’œil

La victoire dès le premier (58,27 %) tour de Macky Sall à l’élection présidentielle de février 2019, au Sénégal, pourrait apparaître comme un modèle d’élection démocratique. A bien y regarder, toutefois, le scrutin sénégalais présente de nombreuses failles. Pour l’universitaire Etienne Smith, (science Po Bordeaux), membre du laboratoire LAM (Les Afriques dans le monde), dans un article publé par The Conversation, cette élection décline les “les faux-semblants d’une démocratie modèle”. Premier constat : “La démocratie sénégalaise est connue pour sa capacité à produire des alternances (en 2000 et en 2012), qui nourrissent des récits parfois mythifiés sur la capacité de l’électorat à faire tomber le sortant et sur l’émergence d’une nouvelle citoyenneté émancipée des travers du clientélisme”.
Second constat : Macky Sall a réussià écarter deux candidats potentiels perçus comme les plus dangereux pour lui : Karim Wade, fils et ministre tout-puissant sous la présidence d’Abdoulaye Wade, puis Khalifa Sall, maire de Dakar et pressenti pour être le chef de file de l’opposition. Enfin, troisième piste : “Comparé à d’autres États africains ou des « Suds », le Sénégal fait traditionnellement bonne figure démocratique avec son retour précoce au pluralisme politique encadré (1976), puis libéralisé (1983), sa liberté de la presse et ses deux alternances de 2000 et 2012. Les réalités institutionnelles sont, cependant, souvent moins reluisantes que l’image de vitrine démocratique entretenue par la presse internationale”.

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